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«Quand j'étais petite, je n'étais pas grande.» chantions-nous à l'école
! Pourtant, déjà toute petite, j'étais grande mais je ne le savais
pas.
Je me suis toujours sentie différente, à
part, pas comme tout le monde. Toujours première de classe au primaire,
en plus d'être la plus grande (en taille !) de ma classe. Les amies de
maman disaient que j'étais un «petit génie». Ah bon ?! Personne de
ma famille ne me le disait pourtant. Sans être un bouc-émissaire, je
n'avais pourtant pas d'ami(e)s au primaire. Ma tante m'a dit dernièrement
que, déjà jeune, je ne participais pas aux jeux avec mes
cousins/cousines dans les réunions familiales. Je ne m'y sentais pas à
ma place.
Arrivée au secondaire, je me suis fait une
amie avec qui j'ai partagé mes rires et mes jeux pendant 2 ans. Pas mes
peines, je ne les montrais pas. Mes notes ont chuté pour me faire
atterrir dans les derniers de classe, un des symptômes de l'enfant doué.
Puis j'ai eu un grave accident qui m'a fait passer six mois de
convalescence à la maison. J'avais 14 ans. |
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Changement d'école, de classe, de matières.
Mes nouvelles «amies» étaient des jumelles qui avaient besoin de moi
pour leurs devoirs. Je me suis découvert un rôle qui durera près de
20 ans, et qui dure toujours (sauf que j'ai appris à aider sans
m'oublier maintenant !) : aider les autres à être heureux. Enfin, je
me sentais utile. L'aide psychologique et spirituelle que j'apportais à
mes copines de classe m'a valu le titre de «psy de la classe» au Cégep.
Je ne faisais rien de spécial, ça venait tout seul et ça me rendait
heureuse de savoir que je pouvais aider quelqu'un à être plus
heureux.
Mon poste dans les dernières de classe a
duré jusqu'à mon DEC. J'ai toujours eu l'impression que les profs
m'ont «donné» ce diplôme pour se débarrasser de moi ! Je m'en
fichais, je voulais avoir ce papier pour ma famille et je ne suis même
pas allée à la remise des diplômes !
Je réussissais tout ce que j'entreprenais,
du plus petit bricolage à l'organisation de camps de vacances. Je me
sentais pourtant toujours seule, différente, incapable de me faire de
vrais amis. Je lisais beaucoup, je travaillais et étudiais (pour moi)
la psychiatrie et la psychologie, la spiritualité, mon rêve était de
devenir infirmière et thérapeute pour
pouvoir aider les gens. J'ai voyagé à travers le monde, à la
recherche de «quelque chose» que j'ai finalement trouvé au Québec :
Moi !
En dernière année de secondaire, je jouais
de la guitare au lieu de faire mes devoirs, mes notes s'en trouvaient améliorées,
ma mère se faisant naturellement beaucoup de soucis de me voir si
studieuse. sur ma guitare ! Au Cégep, je suivais les cours de littérature
en tricotant plutôt que de prendre des notes, j'avais remarqué que je
réussissais mieux aux examens en agissant ainsi, au grand dam du
professeur qui n'avait jamais dû voir ça de
toute sa longue carrière !
En mathématiques, j'excellais en géométrie
et en algèbre mais étais «pourrie» dans les courbes et la physique.
J'ai même mis en doute, devant toute la classe, certains dogmes mathématiques
que le prof, qui prenait sa retraite en même temps que je recevrais mon
diplôme, devait aller vérifier tellement ma logique avait l'air
implacable. et parfois, il n'arrivait pas à me convaincre même après
vérification.
Enfant douée, je m'en suis rendue compte
beaucoup plus tard. En fait, dans quelques examens d'école, j'avais réussi
à trouver la solution à des problèmes que je trouvais enfantins, sur
lesquels mes collègues de classe planchaient des heures sans trouver la
réponse. Au test psychométrique de secondaire, je dois avoir fait un
QI de 130. Au test d'orientation scolaire pour savoir ce que je voulais
faire dans la vie, j'ai répondu exactement ce qu'il fallait pour qu'on
me dise que je voulais devenir infirmière, ce que
je voulais profondément. C'est une psychologue que j'ai consultée à
l'âge de 26 ans qui m'a dit que je devrais m'inscrire à MENSA,
l'association internationale des gens surdoués. «Pour faire quoi,
aller jouer aux échecs avec des «bollés» ? Je ne vois pas ce que j'y
ferais» lui ai-je répondu.
Quand arriva le temps de commencer mon cours
d'infirmière, mes parents me répétaient «Tu es bien trop
intelligente pour faire SEULEMENT infirmière !». Y'a pas de sot métier
pourtant. J'étais préposée aux bénéficiaires depuis l'âge de 15
ans durant toutes mes vacances scolaires, je rêvais d'être infirmière
pour aller travailler dans le Tiers Monde. J'ai finalement abdiqué et
suis entrée en faculté de médecine. J'ai réussi à faire trois fois
la première année avant d'aller en psychologie. que j'ai laissé
tomber après une session, je trouvais les théories qu'on y enseignait
bien trop désuètes en rapport avec toute l'aide que je savais déjà
apporter aux gens.
J'étais une enfant renfermée, solitaire,
tout le temps en train de lire, j'avais une soif inextinguible
d'apprendre, de créer toutes sortes de choses, de faire de la musique
dans ma chambre ou d'aller me promener dans la nature, découvrant les
fleurs, les arbres, les animaux, etc. J'étais une enfant qui posait
tout le temps des questions, vive d'esprit, très curieuse, hyperactive
mais, à cette époque-là (dans les années '70), on ne parlait pas
d'hyperactivité, qui est un des symptômes des enfants surdoués.
J'avais aussi toujours le dernier mot ! Un autre symptôme .
Je m'entendais toujours mieux avec des
personnes plus âgées que moi, plus matures, je pouvais discuter avec
des adultes de sujets d'adultes alors que je n'avais que 8 ou 10 ans.
Au-delà de tout ça, un autre symptôme de
l'enfant doué est l'hypersensibilité. Un rien me touche, l'équilibre
est difficile à atteindre et, surtout, à garder. La dépression est
une épée de Damoclès en permanence sur ma tête, n'arrivant pas à
vivre «comme tout le monde», ayant des aspirations «dingues», des
projets de vie «débiles». «Sky is the limit» pour moi et rien ne
pourra jamais m'arrêter. mais à quel prix !
Être un enfant doué, ce n'est pas évident
quand ni les parents, ni les éducateurs scolaires ne le remarquent. et
qu'ils préfèrent peut-être même envoyer l'enfant chez le médecin
qui lui prescrit des médicaments pour calmer son hyperactivité.
Un enfant doué a besoin de plus d'attention
qu'un enfant «normal», il demande beaucoup, il doit satisfaire sa soif
d'apprendre, de découvrir et pose souvent des questions qui peuvent
paraître incongrues mais auxquelles il est bon de répondre de façon
adulte et non en renvoyant l'enfant à ses billes. Un autre symptôme
est que l'enfant est souvent, et restera toujours, un «leader».
L'enfant doué est aussi souvent
hypersensible et fragile émotionnellement, sa capacité «d'en prendre»
est parfois très grande mais, surtout, proportionnelle à ce qu'il va
ressentir profondément.
Ne pas être reconnu et encouragé dans sa douance, l'enfant pourra prendre de «mauvais chemins» de vie, sombrant
parfois dans la drogue, l'alcool et la dépression, la psychose ou la
schizophrénie même, découragé de ne pas pouvoir vivre «comme tout
le monde».
Reconnu et encouragé, l'enfant doué pourra
devenir quelqu'un de grand qui aura du succès dans sa vie et connaîtra
le bonheur d'être soi-même, mais il se sentira toujours différent...
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