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«Là où sont les peurs, il n'y a pas d'Amour.
Là où est l'Amour, les peurs n'existent pas.»
Cours en Miracles
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«Maman !!!!»
Figée une seconde, le temps de réaliser ce qui venait de se passer,
Aline, 7 ans, a hurlé en se précipitant vers la seule personne qu'elle
pense avoir au monde. Sa mère, Madeleine, vient de s'écrouler
brutalement contre la porte avant d'atterrir par terre, les yeux révulsés.
Le temps d'un instant, une panique indescriptible la saisit : elle pense
que sa mère est morte, brutalisée encore une fois par son mari qui la
bat depuis qu'il habite avec elles, depuis 2 ans. Sa mère, c'est tout
pour Aline, elle n'a qu'elle. La douleur fusante dans son estomac la
fait hurler avant de réaliser que, finalement, sa mère n'a été évanouie
que quelques instants avant de se relever, sonnée. Aline respire mais
cette peur innommable qui l'a atteinte au plus profond d'elle-même
restera imprimée en elle pour toujours.
Aline est devenue ensuite une enfant renfermée, timide et solitaire,
puis agressive. Elle ne savait pas parler autrement, c'était son système
de défense et de protection contre quiconque pouvait lui faire du mal,
même les gens les plus doux. |
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Elle s'était sentie mise de côté par le
mari de sa mère dès le jour où il a su que Madeleine était enceinte
de lui. Aline s'est alors sentie, de la part de cet intrus, comme une
merde tout juste bonne à mettre à la poubelle. Madeleine faisait le
tampon entre son mari et sa fille aînée.
Cette scène, comme tant d'autres de violence verbale et physique, s'est
déroulée il y a plus de 30 ans mais Aline, encore aujourd'hui, vit
malgré elle avec ce sentiment d'abandon subit et ces peurs profondes de
la violence, de se faire agresser verbalement ou physiquement. Aline,
heureusement, est brillante et a tout un caractère et une force de vie
incroyables. Elle s'est battue pour vivre (et non plus sur-vivre) et a réussi
à passer à travers toutes ces années d'enfer pour se forger une vie
relativement heureuse et équilibrée, mais en solitaire.
Madeleine était un ange, tendre et douce, rieuse et taquine. Jamais
elle ne voulait de violence mais son deuxième mari, contrôlant et
dominateur, possessif et jaloux, la traitait avec des mots durs et des
adjectifs que seuls les frustrés emploient, quand il ne la battait pas.
Chaque veillée de Noël, dans les souvenirs d'Aline, était le prétexte
pour sa mère de faire en sorte que cette fête en soit une remplie
d'amour. Elle se terminait invariablement par une bagarre pour une
raison banale et sans fondement. Pourtant, son mari disait à qui
voulait l'entendre qu'il était profondément amoureux de sa femme.
Aline est partie de la maison à 19 ans et n'a plus jamais rencontré de
personnes violentes. Tous ses ami(e)s et amoureux étaient des hommes
tendres et calmes mais elle n'arrivait jamais à les garder. Jusqu'au
dernier, le plus doux, le plus tendre, le plus aimant qu'elle ait eu. Le
premier de qui elle s'est sentie vraiment aimée.
Mais les peurs inconscientes étaient là en permanence, créant des
situations où Aline restait figée plutôt que de témoigner son amour,
où elle disait des choses blessantes à l'homme qu'elle aimait sans le
vouloir et sans s'en rendre compte. Aline est une angoissée chronique
mais elle a compris aujourd'hui pourquoi :
Combien de fois son amoureux lui a-t-il fait des remarques sur son
attitude, combien de fois a-t-il voulu lui montrer qu'elle n'avait pas
besoin d'avoir peur, qu'il l'aimait profondément. Jusqu'au jour où,
n'en pouvant plus, il a traité Aline de tous les noms les plus
grossiers de la terre (comme le mari de sa mère avait fait maintes
fois), la rejetant une fois de plus en explosant de douleur de ne
pouvoir vivre son amour avec cette femme qu'il aimait et qui n'arrivait
pas à vivre sans ses peurs.
Le bouchon a sauté et Aline a touché cette douleur qu'elle savait présente
mais qui, à travers maintes thérapies, n'était jamais sortie pour être
guérie. Elle a touché à cette détresse indescriptible et si profonde qu'elle a ressentie
ce jour où sa mère s'est écroulée et qu'elle ressentait avec appréhension
chaque fois que son mari la battait.
Elle a compris que c'est cette détresse si profonde qui fait qu'elle
ne peut être aimée et aimer comme elle le voudrait et les raisons de son
anxiété permanente envers la vie et les gens qu'elle aime pourtant
tellement. Les raisons qui faisaient qu'elle ne laissait personne
l'aimer, les peurs d'être encore rejetée étant plus fortes que la
raison et profondément inscrites dans son inconscient.
Aline est maintenant devant cette guérison, la douleur est grande mais
elle sait que ces peurs proviennent de son enfance et de son
adolescence, de cette période de vie dont elle n'a presque que des
souvenirs de violence verbale et physique de la part du mari de sa mère.
Aline sait qu'elle est devant une grosse douleur qui va l'amener à une
belle guérison, comme elle en a déjà vécu plusieurs depuis qu'elle a
commencé à consulter. Des guérisons qui, chaque fois, amènent un peu
plus de soleil dans sa vie, un peu plus d'amour en elle et pour elle.
Cette fois, Aline veut vraiment dépasser ses peurs profondes pour s'en
libérer et vivre enfin en paix avec elle-même et ce qui l'entoure.
Elle décide de consulter un
psychologue avec lequel, en l'espace de quelques séances déjà, elle
retrouve un équilibre, elle a moins peur... elle sait qu'elle est sur
le bon chemin !
«Chaque souffrance est là pour nous faire grandir».
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